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Parce que désillusion est le plus joli mot qui existe, entrez dans mon monde de chroniqueur désabusé
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Catégorie :
Blog Société
Date de création :
01.07.2007
Dernière mise à jour :
21.07.2008
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Huit bonnes raisons de ne pas aller en Angleterre

Huit bonnes raisons de ne pas aller en Angleterre

Posté le 24.06.2007 par Djé
Il y a tout juste une semaine je prenais l’avion pour quitter mon île natale et en rejoindre une autre, plus grande et sûrement moins accueillante. Pour découvrir une culture qui, bien que géographiquement pas très éloignée de la notre, n’en demeure pas moins relativement singulière. Je suis bien placé pour savoir de quoi je parle quand j’évoque une certaine identité insulaire, cette impression de ne pas être tout à fait comme les gens du continent. Mais j’avais des doutes sur le fait qu’une telle particularité puisse s’étendre à tout un pays. Au bout d’une semaine, force est de constater que ce particularisme existe aussi ici, en Angleterre. Car les Anglais ne font définitivement rien comme les autres. Je ne sais comment expliquer ça autrement qu’en vous donnant quelques exemples de ce que je suis amené à vivre ici. En éternel désabusé que je suis, j’ai toujours tendance à voir les mauvais cotés avant les bons, alors je me suis dit que la meilleure façon de parler de cette singularité "so british" c’était de vous détailler huit bonnes raisons de ne pas venir ici.


En premier lieu, la nourriture of course ! J’ai été au début agréablement surpris, car les repas que l’on me servait étaient somme toute corrects. Ca n’a pas duré, et j’ai pu constater avec douleur que la réputation de la cuisine anglaise n’est pas volée. Comment rester stoïque lorsque l’on ne vous tend pour seule assiette qu’une bouillie infâme et indéfinie, que tous autour semblent dévorer avec envie ? Il m’a fallu attendre une semaine et un repas chez un français pour retrouver quelque saveur. J’ai beau ne pas être exigeant, je vous jure que c’est vraiment dur.

Ai-je besoin de vous parler du temps ? Sept jours ici et je commence à perdre la notion du bleu… En venant là on apprend très vite à baisser son niveau d’exigences, et on se surprend même à être content qu’il fasse beau uniquement lorsqu’il ne pleut pas. Moyennant quoi on sort ses vêtements d’été en oubliant qu’un nuage, même moins noir que d’habitude, est toujours synonyme de pluie. Et on se retrouve à rentrer chez soi en chemisette légère et baskets blanches sous une pluie battante, pendant que les autochtones rigolent bien cachés sous leurs parapluies.

Venons-en aux particularités des maisons. Tout ici semble avoir été conçu à la va-vite, ce qui donne un coté plutôt incohérent à l’agencement des pièces. Vous devez donc par exemple traverser tour a tour l’entrée, le salon et la cuisine pour atteindre la salle de bains depuis votre chambre, ce qui est légèrement gênant lorsque vous logez chez l’habitant. Mais je ne me plains pas, car d’autres sont carrément obligés de traverser la … chambre de leur propriétaire pour aller se soulager. Vous avez dit étrange…

Ah et puis tiens, ce qui est sûrement le plus énervant dans ces maisons : l’absence de volets. Juste un simple rideau sur les fenêtres, comme c’est fonctionnel ! Oubliez les grasses matinées du week-end, vous apprécierez plutôt les délicats rayons de Soleil qui viendront se promener sur votre visage dès six heures du matin, décalage horaire oblige. Et imaginez-vous le bonheur d’être réveillé à six heures un dimanche alors que vous avez fait la tournée des pubs la veille au soir…

Mais la plus grande singularité en Angleterre, c’est évidemment la conduite à gauche. Après tout me direz-vous, qu’est-ce que ça change pour moi vu que je n’ai pas de voiture ? Oui je me disais ça aussi… Mais mettez-vous dans la tête que tant que vous n’avez pas compris qu’avant de traverser il faut désormais regarder à droite et pas à gauche, vous êtes en danger de mort à chaque carrefour. Et je vous garantis que c’est un réflexe beaucoup moins naturel qu’il n’y paraît.

Faut que je vous parle des claviers aussi. Vous ai-je déjà dit qu’ici on ne faisait rien comme tout le monde ? Alors un jour un Anglais a eu la brillante idée d’installer des claviers QWERTY. C’est vrai que c’est rigolo : les A se transforment en Q, les Z en W, les M en virgule, et j’en passe. Ajoutez à ça que l’Anglais ne connaît pas d’accents et le tableau sera complet. De fait, la moindre page de rapport devient un cauchemar susceptible de déclencher des accès de violence et des montées de haine subites. On comprend mieux dès lors le phlegme légendaire des Britanniques .

Restons dans le domaine du travail pour évoquer un sujet des plus appréciés à l’ENSG : les pauses. Ou plutôt devrais-je dire LA pause. Et oui, en dehors du repas de midi on ne s’arrête pas de travailler. Mais cette unique pause, elle devrait logiquement compenser les autres, isn’t it ? Ben non, même pas… On descend à la cafet’, on avale son (odieux) repas, et on remonte bosser. Ce qui nous fait un total d’à-peu-près 25 minutes de pause par jour. Ah ça oui, on est loin des 2h30 quotidiennes de l’ENSG.

Je terminerai cette petite revue d’effectifs par un sujet lui aussi douloureux, je veux parler des Anglaises. Dans ce domaine aussi vous apprendrez à baisser votre niveau d’exigences, sous peine de devoir affronter un relatif désert affectif. Alors oui c’est sûr c’est plus facile, d’autant que pour le peu que j’ai vu la réputation de "french lover" n’est justement pas qu’une réputation. Mais à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Et fant d’putain, qu’elles me manquent déjà les filles de l’Atlantique !


Mais je vous rassure de suite, à part ces quelques détails ici c’est le pied ! D’ailleurs je pense que ma prochaine chronique s’intitulera "Huit bonnes raisons de venir en Angleterre". Il faudra juste me laisser un peu de temps, parce que là, de but en blanc, je suis pas du tout sûr d’en trouver huit…


(Chroniques d'un expatrié 1/11, 24.06.2007)



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