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dje
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Parce que désillusion est le plus joli mot qui existe, entrez dans mon monde de chroniqueur désabusé
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Catégorie :
Blog Société
Date de création :
01.07.2007
Dernière mise à jour :
21.07.2008
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Marcher dans le sable

Marcher dans le sable

Posté le 02.09.2007 par Djé
Ca y est, on y est. La onzième. La dernière. Quand j’ai écrit mon premier billet il y a maintenant plus de deux mois, je n’étais pas sûr d’aller jusqu’au bout. Je voulais juste voir si j’allais arriver à tenir la route, à réussir à me forcer à un exercice régulier auquel j’ai plutôt l’habitude de m’adonner en dilettante. Je voulais savoir aussi si j’étais capable de me renouveler pour ne pas lasser mes lecteurs, pour une fois que mes écrits quittaient mon carnet ou mon écran d’ordinateur. Je pensais bien qu’à un moment ou à un autre je serais à court d’idée, de thème à exploiter, et obligé d’écrire une chronique sur du vent. Finalement ça n’est pas arrivé. A moins que ce ne soit ce que je suis en train de faire en ce moment précis.

A la fin d’une expérience comme celle-là, on est sensé tirer un bilan. Il paraît que ça se fait, mais je n’ai jamais vraiment aimé marcher dans les sentiers battus. Et puis un bilan, pour quoi faire ? Car au final, que restera-t-il de ces onze semaines : deux ou trois rencontres sans lendemain, une poignée de souvenirs, quelques lignes nonchalamment jetées sur une feuille blanche. Et ça s’arrête là. Enfin c’est ce que je croyais… Pourtant, comme un grand couillon, je me suis surpris à avoir un pincement au cœur en quittant ces personnes que je ne pensais pas avoir fréquenté assez longtemps pour pouvoir m’y attacher. Deux mois et demi à l’étranger n’ont décidément rien changé à certaines choses…

"Cruelle ironie du sort qui ne vous fait prendre conscience de la valeur des choses qu’une fois qu’elles sont parties" écrivais-je dans ma troisième chronique. Ce n’est pas tout à fait vrai, car je savais déjà ce que j’allais laisser derrière moi en quittant l’Angleterre. Même si mon coté Schtroumpf Grognon a plus souvent fait ressortir les mauvais aspects dans mes propos, il y a eu du positif pendant ce séjour, plus que je n’aurai pu le supposer avant de partir. C’est juste que je le garde pour moi. Mais ce que j’ai surtout appris, c’est que je ne pourrai jamais me sentir mieux que chez moi, et ce où que je sois et quelques soient les raisons qui puissent me pousser à m’installer ailleurs.

J’ai grandi sur un petit bout de terre qui ne ressemble à aucun autre endroit, et ça je ne pourrai jamais le renier. A peine deux pas en dehors de l’avion et l’humidité de l’air océanique était là pour me rappeler que j’étais de retour à la maison. Depuis je passe mon temps à reprendre contact avec ces sensations qui m’ont tellement manqué depuis trois mois. Le contact du sable sous les pieds nus, le calme apaisant des routes de forêt, la douceur de la brise océane qui accompagne les soirées de fin d’été, et surtout cette lumière orangée de fin d’après-midi que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs. Quand je vois ça, je me rappelle pourquoi ces chroniques sont celles d’un expatrié.

Expatrié j’ai été, expatrié je ne suis plus, au moins pendant quelques jours avant de repartir à Paris reprendre la routine d’une année qui risque fort de ressembler à la précédente, dans ce que cela peut avoir de bien comme de pénible. Ou alors je me trompe et tout va être différent… Wait and see, comme le diraient les Anglais dans l’infinie sagesse qu’ils peuvent déployer lorsqu’ils n’ont pas une bière à portée de main. Alors je vais attendre, et voir ce que le futur me réserve. Mais je vais surtout utiliser le peu de temps que j’ai à profiter de tout ce qui fait que ma terre est unique. Parce qu’il y a vraiment des choses dont je ne peux pas me passer.

Je vais faire plus court que d'habitude, parce que ces chroniques n’ont plus lieu d’être maintenant que j’ai quitté l’Angleterre. Aussi parce que j’ai assez abusé de votre temps et de votre attention tout au long de l’été. Et surtout parce que demain j’ai envie de me lever tôt pour profiter pleinement de la journée qui m’attend. Une journée sur mon île. Une journée chez moi. Simplement une journée où je me sens bien car rien n’a plus d’importance que de se sentir enfin de retour à la maison.


(Chroniques d'un expatrié 11/11, 02.09.2007)



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