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Nom du blog :
dje
Description du blog :
Parce que désillusion est le plus joli mot qui existe, entrez dans mon monde de chroniqueur désabusé
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
01.07.2007
Dernière mise à jour :
09.02.2009

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I can't believe the news today...

I can't believe the news today...

Publié le 03/01/2008 à 12:00 par dje
I can't believe the news today...
La musique adoucit les mœurs, mais elle est également un puissant moyen de communication. L’Eglise anglicane l’a bien compris, elle qui a récemment décidé d’accompagner ses chants religieux de certains morceaux du fameux groupe de rock U2. Non, vous ne rêvez pas, à partir du mois de mai certains offices britanniques verront la diffusion d’accompagnements issus du répertoire de la bande à Bono. Le choix n’est pas anodin, puisque l’Irlandais est considéré à juste titre par la communauté anglo-saxonne comme le chanteur le plus influent de la seconde moitié du XXe siècle. Mais est-ce bien là la seule explication ?

L’idée vient d’un évêque anglais, Thimothy Ellis, qui veut redonner un coup de fouet à la religion en lui donnant un caractère stimulant et surprenant. Rien que ça ! Il va même plus loin en suggérant une redisposition des paroisses de manière à permettre aux pratiquants de bouger et danser. Je vois bien le programme : samedi soir sortie en boîte, à 6h du mat’ after, et à 10h tous à la messe pour se finir… Mais ça ne s’arrête pas là : les paroles des chansons défileront sur un écran, à la manière d’un karaoké géant au goût plus que douteux qui. Après tout me direz-vous, il faut s’adapter à l’époque : the show must go on ! Je sais pour avoir assisté à un office rythmé de gospel et de soul music que religion et festivités peuvent très bien s’accorder, mais permettez-moi tout de même de m’interroger sur cette tendance d’une Eglise anglicane qui a plus l’habitude de briller par son austérité.

Et si la vraie raison était toute autre ? Car le symbole est fort : Bono, l’Irlandais catholique, lui qui n’a jamais caché qu’il regrettait la trop grande influence de la religion dans la construction de l’Irlande, et qui verrait sa voix résonner dans les paroisses anglicanes. De quoi se racheter une conscience et une morale, et en même temps apposer un pansement cicatrisant sur la blessure toujours ouverte des guerres de religion irlandaises. Mais attention à ce que le cataplasme ne réveille pas la douleur, car les apparences sont trompeuses et la paix apparente entre l’Eire et l’Ulster n’est qu’une façade. Ceux qui ont suivi les incidents récents à Toulouse entre des supporters protestants de l’Ulster et Trevor Brennan, joueur irlandais et catholique du Stade Toulousain, savent de quoi je parle.

Je sais, on va encore me taxer de scepticisme et d’esprit chagrin, car au fond l’idée n’est peut-être pas si mauvaise. Je vais donc laisser le dernier mot à ce cher M. Ellis : « La musique rock peut être le véhicule d'une immense spiritualité ». On en reparlera quand les paroles de "Bloody Sunday" seront reprises en chœur par toute la communauté anglicane.


Don Diego de la Serna
(Chroniques d'un expatrié, janvier 2007)



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