Les Jeux Olympiques approchent à grands pas. C’est en effet l’été prochain que toute la famille mondiale du sport va se retrouver à Pékin pour 2 semaines de liesse et de fraternité dans le plus pur esprit olympique. Des Jeux qui doivent permettre à la Chine d’asseoir sa position de puissance économique émergeante et de s’affirmer comme futur associé du grand frère américain, en attendant plus. Les Etats-Unis, qui contrôlent le CIO de la même manière que l’ONU, l’ont joué fine sur ce coup-là, accordant l’évènement au gouvernement chinois en guise de concession, eux qui ont tellement peur de voir leur suprématie contestée par l’avènement de l’Economie de marché made in China. Alors au diable le non respect des Droits de l’Homme et les exécutions en masse, au diable ces dirigeants schizophrènes qui se proclament de l’héritage de Mao tout en fonçant tête baissée dans le monde capitaliste. C’est bien à Pékin qu’auront lieu les Jeux 2008.
Depuis maintenant six ans que la décision a été prise, les autorités ont déclaré le branle-bas de combat pour faire de ces Jeux le symbole du rayonnement chinois sur le monde. Les athlètes sont triés sur le volet, pris dès la fin de l’adolescence pour arriver à l’âge idéal au bon moment, entraînés comme des stakhanovistes dans des conditions extrêmes, littéralement programmés à être les meilleurs dans chaque discipline lors de l’été 2008, quitte à leur brûler les ailes et à ne plus jamais les revoir après ça. Belle vision du sport… Mais il n’y pas que dans ce domaine que la sélection fait rage. Pékin a en effet lancé une campagne de recrutement des jeunes filles qui présenteront les médailles aux athlètes sur les podiums. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que là aussi les places seront chères.
Les critères préconisés pour cette sélection sont drastiques, et ne surprendront sans doute personne. Etre grande (plus de 1,70m), jeune (moins de 25 ans), et avoir une silhouette avenante. Mais laissons le Comité d’organisation en parler avec un tact subtil mêlé de finesse : « Elles ne devront pas être trop lourdes ». Rien à dire messieurs, vous savez parler aux femmes… Les filles devront également dans le mesure du possible être étudiantes, peut-être pour attiser les fantasmes pervers du téléspectateur sportif moyen – le beauf de 50 ans avachi dans son canapé avec la bière à la main. Et donc cet été, on va encore complexer des millions de femmes en exhibant de jeunes mannequins filiformes et refaites de toutes parts, puisque décidément même en sport il n’y a que le paraître qui compte.
Mais je fais peut-être du mauvais esprit, car les organisateurs certifient que le physique ne sera pas le seul critère de sélection, et que les jeunes filles se devront « d’avoir une compréhension claire de ce qu’est l’esprit olympique ». Ne vous inquiétez pas messieurs, tout le monde est en train de se rendre compte de ce que représente l’esprit olympique à vos yeux : de l’argent, des femmes et du pouvoir. Altius, Fortius … Cresus. Ceux qui n’auront pas la gloire et les honneurs des podiums et des jeunes filles qui vont avec pourront toujours se rassurer en se disant que l’essentiel est de participer. Ou bien serait-il plus judicieux de dire "collaborer"…
Don Diego de la Serna
(Chroniques du Vengeur Masqué, novembre 2007)