Posté le 03.01.2008 par dje
La musique adoucit les mœurs, mais elle est également un puissant moyen de communication. L’Eglise anglicane l’a bien compris, elle qui a récemment décidé d’accompagner ses chants religieux de certains morceaux du fameux groupe de rock U2. Non, vous ne rêvez pas, à partir du mois de mai certains offices britanniques verront la diffusion d’accompagnements issus du répertoire de la bande à Bono. Le choix n’est pas anodin, puisque l’Irlandais est considéré à juste titre par la communauté anglo-saxonne comme le chanteur le plus influent de la seconde moitié du XXe siècle. Mais est-ce bien là la seule explication ?
L’idée vient d’un évêque anglais, Thimothy Ellis, qui veut redonner un coup de fouet à la religion en lui donnant un caractère stimulant et surprenant. Rien que ça ! Il va même plus loin en suggérant une redisposition des paroisses de manière à permettre aux pratiquants de bouger et danser. Je vois bien le programme : samedi soir sortie en boîte, à 6h du mat’ after, et à 10h tous à la messe pour se finir… Mais ça ne s’arrête pas là : les paroles des chansons défileront sur un écran, à la manière d’un karaoké géant au goût plus que douteux qui. Après tout me direz-vous, il faut s’adapter à l’époque : the show must go on ! Je sais pour avoir assisté à un office rythmé de gospel et de soul music que religion et festivités peuvent très bien s’accorder, mais permettez-moi tout de même de m’interroger sur cette tendance d’une Eglise anglicane qui a plus l’habitude de briller par son austérité.
Et si la vraie raison était toute autre ? Car le symbole est fort : Bono, l’Irlandais catholique, lui qui n’a jamais caché qu’il regrettait la trop grande influence de la religion dans la construction de l’Irlande, et qui verrait sa voix résonner dans les paroisses anglicanes. De quoi se racheter une conscience et une morale, et en même temps apposer un pansement cicatrisant sur la blessure toujours ouverte des guerres de religion irlandaises. Mais attention à ce que le cataplasme ne réveille pas la douleur, car les apparences sont trompeuses et la paix apparente entre l’Eire et l’Ulster n’est qu’une façade. Ceux qui ont suivi les incidents récents à Toulouse entre des supporters protestants de l’Ulster et Trevor Brennan, joueur irlandais et catholique du Stade Toulousain, savent de quoi je parle.
Je sais, on va encore me taxer de scepticisme et d’esprit chagrin, car au fond l’idée n’est peut-être pas si mauvaise. Je vais donc laisser le dernier mot à ce cher M. Ellis : « La musique rock peut être le véhicule d'une immense spiritualité ». On en reparlera quand les paroles de "Bloody Sunday" seront reprises en chœur par toute la communauté anglicane.
Don Diego de la Serna
(Chroniques d'un expatrié, janvier 2007)
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Posté le 03.01.2008 par dje
Une nouvelle année démarre et Don Diego est de nouveau de la partie. Comme tout le monde, j’ai repris le chemin de la routine et la grisaille parisienne en ce mois de septembre. Septembre, un mois tellement ambigu, tellement étrange. Posez-vous la question en vous-mêmes : quelle a été la période de ma vie où je me suis senti le mieux, le plus en adéquation avec mon environnement, le plus serein dans ma tête ? Et à l’inverse, quels ont été les moments les plus déprimants que j’ai vécu, les plus pénibles à passer ? A ces deux questions, le mois de septembre est souvent une seule et unique réponse. En tous cas pour moi c’est le cas…
Septembre, le mois de la déprime. On sort d’un été forcément fructueux, rempli de rencontres, d’amis, de moments forts. Pendant quelques semaines, on s’est senti vivant, et d’un coup tout s’arrête pour reprendre le cours d’une vie monotone dictée par le train-train quotidien. On retrouve les mêmes personnes, souvent à contrecœur, et les mêmes tracas. Et chaque année l’impression fugace de ne pas être à sa place, de suivre la mauvaise route.
Mais septembre, le mois du renouveau. Le départ d’une nouvelle étape. On change de voie, de collègues ou de cadre de vie. De nouvelles têtes apparaissent, dont certaines vont s’installer durablement dans notre vie, de nouveaux horizons s’ouvrent. On fait table rase du passé et on repart du bon pied après s’être remis d’aplomb pendant l’été. Chaque année on démarre une nouvelle vie, en somme…
Septembre, marqué depuis 5 ans par la commémoration surmédiatisée d’attentats historiques qui finalement n’ont pas changé grand-chose, dans un sens comme dans l’autre. Et qui nous rappelle tous les ans que l’incompétence des têtes dirigeantes peut mener à des catastrophes comme celle d’AZF. Marqué également par la mise sous silence de l’anniversaire de la mort de Massoud, dont le monde occidental aura ignoré avec indécence sa disparition après avoir patiemment refusé d’écouter le combat de toute sa vie.
Septembre, ses joies et ses déceptions, ses petits bonheurs et ses grandes tristesses, ses coups de gueule et ses prises de conscience. Comme le raccourci d’une vie. Ce mois, on a le droit de ne pas l’aimer, mais au moins il s’y passe quelque chose. Et c’est déjà énorme.
Don Diego de la Serna
(Chroniques du Vengeur Masqué, septembre 2006)
Posté le 03.01.2008 par dje
Où l’on reparle de la grippe aviaire, cette gigantesque entreprise de désinformation. Dans notre pays en tous cas, car je ne nie pas la réalité du problème dans les pays asiatiques. Encore que, avec même pas une centaine de morts, on est loin de la pandémie que l’on veut bien nous annoncer. Mais la situation en Europe, elle, est franchement risible : à peine quelques cas avérés de poulets en Turquie, aucun exemple de transmission de l’animal à l’homme, et le branle-bas de combat sanitaire est déclaré. A croire qu’il est bon pour l’économie d’entretenir des psychoses, après les exemples de la vache folle et de la fièvre aphteuse. Mais je n’ai pas dans l’intention de vous faire un exposé de santé publique.
Ce qui m’a particulièrement interpellé dans cette histoire, c’est une des mesures préconisées par les institutions pour lutter contre l’éventuelle importation de la maladie : l’installation dans les aéroports de portiques équipés de caméras thermiques, afin de détecter les passagers fiévreux. Après les barrages anti-armes (les détecteurs de métaux), les barrages anti-fraudes (les contrôles de papiers), les barrages anti-pauvres (le prix des billets), voici les barrages anti-malades. Les gens qui ont le mal de l’air vont apprécier, qui risquent de passer une batterie de tests médicaux à leur retour au sol juste parce que l’atterrissage leur a provoqué des bouffées de chaleur. Sans compter qu’il va falloir renforcer les assurances annulation, pare qu’en cas de rhume subit il va devenir difficile de prendre l’avion.
Au fond, cette nouvelle n’est pas vraiment étonnante. Elle s’insinue dans une logique actuelle de contrôle incessant des allées et venues de tout un chacun. On pourrait même ne voir dans la médiatisation de la grippe aviaire qu’un prétexte pour installer (entre autres) ces nouveaux merveilleux appareils. Se sentira-t-on plus en sûreté pour autant ? Je laisse la liberté à chacun de se faire sa propre opinion. Rappelons quand même que tout l’attirail de mesures de sécurité déployé par le pays présumé le plus sûr au monde n’a pas empêché une poignée de terroristes, armés d’à peine quelques couteaux, de secouer le monde entier un certain 11 septembre. Partant de là, il me semble utopique de croire que l’on peut stopper une maladie juste en installant des contrôles thermiques.
Mais bon, après tout me direz-vous, le nuage de Tchernobyl s’est bien arrêté à la frontière. Pourquoi la grippe aviaire ne ferait pas pareil ? Et puis bon, ne soyons pas mauvaises langues, ces gadgets seront sûrement très décoratifs dans les halls d’aérogares.
Don Diego de la Serna
(Chroniques du Vengeur Masqué, mars 2006)
Posté le 03.01.2008 par dje
Laissez-moi vous conter une petite histoire qui m’est arrivée il y a quelques jours. Au sortir d’un centre commercial, une dame âgée semble avoir des difficultés à porter ses achats. Voyant qu’elle s’apprête avec hésitation à traverser une allée, je m’approche d’elle pour lui proposer de l’aide. Et là, aux antipodes de la réaction à laquelle j’aurais pu m’attendre, je la vois qui se détourne et protège ses provisions, comme si j’allais tout simplement la braquer. Quelle claque ! Moi qui pensait être quelqu’un de serviable, à défaut d’être réellement gentil, voilà qu’on me prend pour un délinquant, juste à cause de mon apparence. C’est peut-être la première fois que quelqu’un me signifie aussi clairement que j’ai une tête de méchant.
Et alors quoi, me direz-vous ? Beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît. Si la peur peut s’insinuer aussi facilement chez une mamie innocente à la vue d’un "djeun’s" par ailleurs animé des meilleures intentions, c’est que le malaise est profond. Doit-on être considéré comme un brûleur de voitures potentiel uniquement parce que l’on n’a pas l’allure du fils de bonne famille, ave raie sur le coté, paire de lunettes et tout le reste ? Quelles sont les raisons de ce malaise, je n’en sais rien, ou du moins pas grand-chose. Et je n’ai pas envie de rentrer dans des discours sociopolitiques qui présenteraient obligatoirement des incohérences et des contradictions. Par contre, j’appréhende vraiment les conséquences d’une telle évolution.
Ne soyons pas dupes : c’est bien la peur qui fait le monde tel qu’il est aujourd’hui. La peur de l’avenir. La peur de la souffrance. La peur de l’autre qui pourrait s’accaparer vos biens, votre boulot, votre femme, ou qui pourait encore vous planter au détour d’un trottoir parce que vous l’avez regardé de travers. Du moins c’est ce que l’on veut nous faire croire. Mais la peur mène à l’intolérance, et l’intolérance mène à la xénophobie. Ne nous laissons pas abuser par cette propagande incessante qui sous-entend que le monde se construit sur la crainte et la suspicion. S’affranchir de ses peurs, c’est déjà regagner une partie de sa liberté, et la liberté est une maladie contagieuse. Il ne tient qu’à nous de contaminer les gens que l’on croise. Et à défaut d’être réellement libres, peut-être se sentira-t-on au moins un peu plus sereins.
Don Diego de la Serna
(Chroniques du Vengeur Masqué, février 2006)
Source de l'image: ChacalProd
Posté le 02.09.2007 par Djé
Ca y est, on y est. La onzième. La dernière. Quand j’ai écrit mon premier billet il y a maintenant plus de deux mois, je n’étais pas sûr d’aller jusqu’au bout. Je voulais juste voir si j’allais arriver à tenir la route, à réussir à me forcer à un exercice régulier auquel j’ai plutôt l’habitude de m’adonner en dilettante. Je voulais savoir aussi si j’étais capable de me renouveler pour ne pas lasser mes lecteurs, pour une fois que mes écrits quittaient mon carnet ou mon écran d’ordinateur. Je pensais bien qu’à un moment ou à un autre je serais à court d’idée, de thème à exploiter, et obligé d’écrire une chronique sur du vent. Finalement ça n’est pas arrivé. A moins que ce ne soit ce que je suis en train de faire en ce moment précis.
A la fin d’une expérience comme celle-là, on est sensé tirer un bilan. Il paraît que ça se fait, mais je n’ai jamais vraiment aimé marcher dans les sentiers battus. Et puis un bilan, pour quoi faire ? Car au final, que restera-t-il de ces onze semaines : deux ou trois rencontres sans lendemain, une poignée de souvenirs, quelques lignes nonchalamment jetées sur une feuille blanche. Et ça s’arrête là. Enfin c’est ce que je croyais… Pourtant, comme un grand couillon, je me suis surpris à avoir un pincement au cœur en quittant ces personnes que je ne pensais pas avoir fréquenté assez longtemps pour pouvoir m’y attacher. Deux mois et demi à l’étranger n’ont décidément rien changé à certaines choses…
"Cruelle ironie du sort qui ne vous fait prendre conscience de la valeur des choses qu’une fois qu’elles sont parties" écrivais-je dans ma troisième chronique. Ce n’est pas tout à fait vrai, car je savais déjà ce que j’allais laisser derrière moi en quittant l’Angleterre. Même si mon coté Schtroumpf Grognon a plus souvent fait ressortir les mauvais aspects dans mes propos, il y a eu du positif pendant ce séjour, plus que je n’aurai pu le supposer avant de partir. C’est juste que je le garde pour moi. Mais ce que j’ai surtout appris, c’est que je ne pourrai jamais me sentir mieux que chez moi, et ce où que je sois et quelques soient les raisons qui puissent me pousser à m’installer ailleurs.
J’ai grandi sur un petit bout de terre qui ne ressemble à aucun autre endroit, et ça je ne pourrai jamais le renier. A peine deux pas en dehors de l’avion et l’humidité de l’air océanique était là pour me rappeler que j’étais de retour à la maison. Depuis je passe mon temps à reprendre contact avec ces sensations qui m’ont tellement manqué depuis trois mois. Le contact du sable sous les pieds nus, le calme apaisant des routes de forêt, la douceur de la brise océane qui accompagne les soirées de fin d’été, et surtout cette lumière orangée de fin d’après-midi que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs. Quand je vois ça, je me rappelle pourquoi ces chroniques sont celles d’un expatrié.
Expatrié j’ai été, expatrié je ne suis plus, au moins pendant quelques jours avant de repartir à Paris reprendre la routine d’une année qui risque fort de ressembler à la précédente, dans ce que cela peut avoir de bien comme de pénible. Ou alors je me trompe et tout va être différent… Wait and see, comme le diraient les Anglais dans l’infinie sagesse qu’ils peuvent déployer lorsqu’ils n’ont pas une bière à portée de main. Alors je vais attendre, et voir ce que le futur me réserve. Mais je vais surtout utiliser le peu de temps que j’ai à profiter de tout ce qui fait que ma terre est unique. Parce qu’il y a vraiment des choses dont je ne peux pas me passer.
Je vais faire plus court que d'habitude, parce que ces chroniques n’ont plus lieu d’être maintenant que j’ai quitté l’Angleterre. Aussi parce que j’ai assez abusé de votre temps et de votre attention tout au long de l’été. Et surtout parce que demain j’ai envie de me lever tôt pour profiter pleinement de la journée qui m’attend. Une journée sur mon île. Une journée chez moi. Simplement une journée où je me sens bien car rien n’a plus d’importance que de se sentir enfin de retour à la maison.
(Chroniques d'un expatrié 11/11, 02.09.2007)
Posté le 26.08.2007 par Djé
J’ai pas envie d’écrire ce soir. Vraiment pas. Mais je vais me forcer parce que je me suis promis d’aller jusqu’au bout de ces onze chroniques. Et puis ça m’aidera peut-être à expier le dégoût qui m’envahit de plus en plus, à répondre à ces questions qui tournent sans cesse dans ma tête devant de telles horreurs. Cette semaine un gamin de onze ans a trouvé la mort, ou alors c’est l’inverse, je ne sais plus trop… Il jouait innocemment au football sur un parking dans un quartier de Liverpool, et il a reçu trois balles, dont une dans la tête. Froidement. Sans raison. L’auteur de ces coups de feu ? On peut lui aussi le qualifier de gamin, parce qu’il a beau appartenir à un gang armé il n’en reste pas moins qu’il n’a que seize ans. Le scénario est sordide, la chute tragique. Mais ce n’est pas un film. Welcome back to reality.
Apparemment l’acte serait une méprise. Mais quel genre de méprise peut pousser à abattre un enfant de onze ans ? Peut-être était-il soupçonné d’être un caïd du coin, un revendeur d’armes, ou bien la plaque tournante d’un réseau de drogue. Un peu de sérieux… Dans le flot d’atrocités déversé chaque jour par ce monde en crise, celle-là me choque plus que les autres, à cause de son caractère gratuit, de l’incompréhension qu’elle provoque, aussi parce qu’elle heurte ma sensibilité de possible futur parent.
Dans un sondage récent, les Britanniques se disent horrifiés par la montée de violence qui secoue leur pays. Il y a de quoi. Ca me fait rigoler quand on parle de l’insécurité en France, cette chimère montée de toutes pièces par des médias sous contrôle à la merci de personnages aussi dangereux qu’ils sont haut placés. Ici la réalité est toute autre, et les réseaux d’armes et les guerres de gangs existent bel et bien. Même si le Sud de l’Angleterre est relativement épargné, on m’avait averti dès le premier jour des quartiers où il ne fallait pas aller. J’avais écouté avec scepticisme, en me disant que la crédulité des gens était décidément propice à créer des psychoses sans fondements. Mais le peu que j’ai pu voir lorsque je suis parti à la recherche désespérée d’un playground me fait penser que, finalement, c’est peut-être moi le naïf dans l’histoire. Je vous présentais dans ma dernière chronique la dépendance au modèle américain dans ses aspects les plus légers. Voilà maintenant une autre partie du paysage.
Attention ce n’est pas le Bronx non plus, je ne voudrais pas faire du sensationnalisme à la TF1. J’essaie juste de retranscrire ce que je vois de mes propres yeux, et je vous assure que ce n’est pas très encourageant. Les experts britanniques tentent de comprendre les raisons d’un tel phénomène, les Anglais étant sur ce point moins cons que les Français, qui préfèrent (mal) guérir que prévenir. Il ne s’agit pas d’excuser ou de justifier un acte aussi épouvantable que celui qui a eu lieu cette semaine, mais juste d’essayer de pointer les défaillances du système qui amènent à ça. Deux choses sont principalement montrées du doigt, résumées par cette phrase d’un sociologue : "Nous n'avons ni les structures familiales de l'Europe du Sud ni les systèmes sociaux de l'Europe du Nord".
Le premier argument est on ne peut plus vrai, car il est ancré dans la culture britannique. L’expression "fossé générationnel" prend tout son sens ici, pour des raisons que je ne saurais expliquer. C’est un étonnement permanent de constater à quel point adultes et jeunes semblent vivre dans des mondes différents, se croisant sans se regarder, se côtoyant sans se parler. Les structures familiales éclatées ont sûrement un rôle à jouer, toujours est-il qu’il semble n’y avoir plus aucun lien entre les adolescents et le reste du monde, sans grands-parents pour les conseiller ni grand frère pour les aiguiller. Les gamins traînent dans la rue à toute heure dès l’âge de huit ans, certes autonomes mais aussi fatalement influençables. Il ne nous appartient pas de juger cela, car c’est juste un comportement normal ancré dans une culture différente de la notre. Mais il est pourtant vrai que cela peut expliquer certaines choses.
Quant à la deuxième explication … que dire de plus si ce n’est qu’effectuer une telle constatation et ne rien faire pour changer les choses est à la limite de l’indécent. Pas de systèmes sociaux, pour un pays qui se vante d’avoir mis sur pied un modèle social adapté aux contraintes économiques ? Le voici donc, le coté obscur du présumé miracle anglais. Le travaillisme tellement admiré et montré en exemple dans nos pays n’est que de la poudre aux yeux, et il faut des drames comme celui de Liverpool pour que certains arrêtent enfin de se voiler la face. Le système est efficace, il n’y a pas à en douter, mais seulement pour les plus riches, ceux qui justement n’ont pas besoin de systèmes sociaux. Quant aux autres, ils n’ont qu’à essayer de remonter la pente pour accrocher le bon wagon, alors à leur tour ils pourront profiter du miracle. Sinon tant pis pour eux. En gros on a juste changé "la merde pour tous" en "chacun sa merde". Belle vision du monde…
Au vu de tout ça, je commence à avoir vraiment envie de rentrer en France. Et pour y voir quoi ? Des dirigeants qui traitent des êtres humains comme de vulgaires rats d’égout en les chassant à coups de répulsifs industriels. La dérive est peut-être moins choquante – et encore – mais elle est bien plus dangereuse car elle agit sous couvert de la loi. Non, décidément, l’herbe n’est jamais plus verte de l’autre coté. Expatrié ou simple citoyen du monde, où que l’on puisse aller la merde sera toujours collée sous nos chaussures.
(Chroniques d'un expatrié 10/11, 26.08.2007)
Posté le 19.08.2007 par Djé
L’Angleterre est décidément un pays étonnant. Un pays qui revendique une histoire riche et des traditions ancestrales, mais qui est irrémédiablement attiré par les lumières capitalistes du modèle inspiré par le grand frère américain. Cela m’a frappé dès les premiers jours, et ce sentiment n’a fait que grandir depuis. La culture anglaise, aussi typique soit-elle, semble se chercher encore, perdue entre tradition et modernité. Et cela donne lieu parfois à des contrastes surprenants.
Ceux qui ont déjà eu l’occasion d’aller à Londres savent peut-être de quoi je veux parler. L’architecture de la ville est un patchwork sans réelle structure. Au milieu des bâtiments historiques qui font la renommée et le charme de la capitale anglaise poussent des structures de verre et de métal qui rivalisent de laideur. Les bords de la Tamise ne ressemblent plus à grand-chose tellement les urbanistes ne soucient guère de gâcher leur patrimoine culturel par des constructions tape-à-l’œil. Et même si ça me fait mal de dire ça, c’est là qu’on s’aperçoit que Paris n’est pas une ville si moche finalement. Quand on marche vers le centre de la ville, on touche presque au surréaliste en découvrant les gigantesques panneaux lumineux qui surplombent les façades typiques, vomissant à longueur de journée des messages clignotants à la gloire de McDonald’s ou Coca-Cola. On en viendrait presque à se demander si Londres n'est pas jumelée avec Tokyo.
Au-delà de ces considérations somme toute assez terre-à-terre, c’est surtout dans le comportement général des gens que l’on ressent comme une profonde contradiction, car certaines coutumes issues d’une autre époque ont malgré tout la peau dure ici. Je ne compte plus les festivals traditionnels au cours desquels des groupes habillés – pour ne pas dire déguisés – dans des costumes ridicules effectuent des danses et des chorégraphies tout droit venues du Moyen Age. Et aussi pathétique que cela puisse paraître pour un non-initié comme moi, les Anglais adorent ça. Les adultes en tous cas, car pendant que les parents applaudissent les danseurs, les enfants leur courent autour en jouant à la guerre, équipés de toute la panoplie du parfait petit GI parti faire la guerre à l’Irak. Je vous avais parlé de contraste… Ca doit être ce qu’on appelle le choc des générations. En même temps, qui achète les fusils en plastique aux enfants ?
L’influence américaine est partout, mais évidemment surtout dans les médias, et notamment dans ce formidable moyen d’abrutissement de masse que représente la télévision. Les actualités sont relayées façon Paris-Match, le but étant plus de secouer le public en lui déversant une information prémâchée que de le faire réfléchir en lui donnant les moyens de se faire sa propre opinion personnelle. Et mieux vaut ne pas se tourner vers la presse écrite dans ce domaine, le monopole des tabloïds étant omniprésent. Quant aux programmes, on hésite entre télé-réalité, séries américaines périmées et jeux tous plus débilisants les uns que les autres. De quoi bien éduquer la jeunesse, qui à défaut d’être ouverte et dynamique sera malléable et formatée, prête à brouter comme un mouton dans ce monde libre vendu dans un joli paquet cadeau par l’économie de marché made in USA.
Mais attendez, neuf chroniques et je ne vous ai pas encore parlé de la "Jacky Touch" pourtant si chère aux Anglais ? Fast and Furious, film sublime s’il en est, a dû être érigé en chef d’œuvre ici, car quasiment un conducteur sur deux est un adepte du tuning. Tout y est : le boomer qui fait trembler les trottoirs, les jantes reluisantes, les ailerons, la moquette sur le volant, et même les néons sous la voiture, chose que je n’aurais jamais pensé voir ailleurs que dans des films. Si de mon point de vue c’est plus ridicule qu’autre chose, cela reste néanmoins symptomatique d’un certain comportement largement répandu par ici : avoir de l’argent c’est bien, le montrer c’est mieux. On s’affirme alors comme un winner dans cette loi de la jungle économique. Dans le même ordre d’idée les fashion-victims sont légions, et je ne parle pas seulement des jeunes adolescentes prépubères. Les nouveaux riches n’ont aucun scrupule à s’afficher en vous envoyant de la fringue de marque stylisée plein les yeux. On est très loin de l’hypocrisie mal assumée du bourgeois bohème.
Je pourrais vous parler de ce sujet pendant des heures tellement il me tient à cœur. Evoquer les services publics qui n’ont plus rien de public puisqu’ils devaient faire tâche dans le paysage économique. Parler du système bancaire où tout est fait pour pigeonner le client, sans la moindre marque de considération. Vanter les mérites du blairisme qui n’est rien d’autre qu’un capitalisme dissimulé, peut-être moins apparent mais tout aussi redoutable. Mais à quoi bon prêcher dans le désert…
Le Grande Bretagne est un beau pays en bien des points, mais a pour principal défaut de se bercer d’illusions. Illusion de croire qu’elle forme une vraie nation ; mais comment peut-on prétendre réunir sous la même bannière des peuples aussi différents que les Anglais, les Gallois et les Ecossais ? D’ailleurs posez-vous une question : comment appelle-t-on les habitants du Royaume-Uni ? Vous pourrez chercher autant que vous voudrez, il n’y a pas de réponse. En vérité ce Royaume n’a d’uni que le nom. Illusion surtout de croire que ce pays est libre et indépendant sur la scène internationale, bien aidé en cela par son statut forcément particulier d’insulaire et par la supposée puissance du Commonwealth. Mais ce que je vois tous les jours ce n’est qu’un chiot tenu en laisse par l’impérialisme américain. Pourtant ce sont bien les descendants des colons britanniques qui ont fondé les Etats-Unis… Alors au final, qui est à l’origine de tout ça : l’œuf ou la poule ?
(Chroniques d'un expatrié 9/11, 19.08.2007)
Posté le 12.08.2007 par Djé

Ca y est, la terreur alimentaire est de retour ! Il nous a fallu attendre tard cette année, jusqu’au mois d’août alors que d’habitude la psychose apparaissait dès le printemps. Mais finalement elle est bien là notre épidémie de désinformation annuelle, et comme une fois sur deux elle nous vient d’Angleterre. Je ne sais pas ce qu’ils font à leurs bêtes de ce coté de la Manche pour mériter ça, mais ça explique peut-être le goût passablement désagréable de leur viande. En tous cas la menace pèse de nouveau sur nos assiettes depuis la découverte de nouveaux cas de fièvre aphteuse dans une ferme anglaise. Quelle déception de constater que l’imagination de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre commence à s’étioler... Ils nous avaient pourtant habitué à varier les plaisirs : un coup la vache folle, un autre le SRAS, l’année d’après la grippe aviaire. Il y avait une vraie volonté d’originalité derrière tout ça, histoire de ne pas lasser le consommateur et de le maintenir naïf et manipulable à souhait. Mais là rien de mieux qu’une resucée de l’épizootie de fièvre aphteuse de 2001. Franchement décevant. Ca explique peut-être qu’on ait dû attendre jusqu’en août, des fois que l’idée d’une nouvelle maladie arrive. Tant pis on se contentera de ça.
Alors oui, il est temps de décréter l’état d’urgence et d’envoyer les bêtes par centaines à l’abattoir. Le gouvernement anglais veut à tout prix éviter le fiasco d’il y a six ans, où près de dix millions d’animaux d’élevage avaient été victimes de la maladie. Dix millions vous êtes sûrs ? Officiellement ce ne sont pourtant que deux mille cas qui avaient répertoriés a l’époque. Mais ce n’est pas l’épidémie de fièvre aphteuse qui avait conduit à ces abattages par milliers, plutôt une gigantesque épidémie de connerie humaine. Sous prétexte d’un principe de précaution aberrant, on avait donc sacrifié 5000 têtes de bétail à chaque fois qu’un seul et unique soupçon de risque de contagion se faisait sentir. C’est sûr qu’une fois qu’on aura tué toutes les bêtes, il n’y aura plus de maladie. La logique est implacable.
On peut bien sûr m’apporter des objections, notamment que si l’on n’avait pas procédé de la sorte le nombre de cas aurait peut-être dépassé la barre des dix millions. C’est possible, et je ne suis pas suffisamment qualifié en la matière pour le savoir. Mais il est bon quand même de rappeler que la fièvre aphteuse a beau être extrêmement contagieuse, il n’en reste pas moins qu’elle n’est que très rarement mortelle – motif de désinformation n° 1 – et qu’elle ne peut se transmettre a l’homme – motif de désinformation n° 2. Deux objections qui tendent à faire réfléchir sur le caractère très relatif de la psychose déclenchée par cette maladie, et sur le traitement plus que radical qu’elle a provoqué. Un marteau-pilon pour écraser une mouche, toutes proportions gardées.
Le plus drôle dans tout ça, c’est ce qui est à l’origine de ce foyer d’infection. Au moins cette fois on ne nous a pas servi des explications profondément xénophobes, telles que le déplacement d’un nuage de virus provenant des mouvements en masse des moutons au Maghreb pendant l’Aïd-El-Kébir, ou encore les conditions sanitaires douteuses d’un élevage de porcs dans un restaurant asiatique. Un problème ? Oh ça doit venir du voisin, en plus il a une tête d’étranger... Non, en 2007 l’origine du foyer est un laboratoire de recherches qui justement étudiait un virus contre la fièvre aphteuse. Je trouve ça ... comment dire ... légèrement risible. Surtout que les vaccins en question ne sont théoriquement plus pratiqués depuis 1992, suite à un décret européen découlant d’une étude selon laquelle tous les cas depuis cinquante ans avaient été provoqués par des mauvaises manipulations de vaccins – c'est beau la recherche quand c'est bien mené. Mais en Angleterre on ne fait décidément rien comme tout le monde, et on a malgré tout décidé de continuer les études sur ce vaccin, avec les conséquences que l’on sait. Qui a dit que l’Europe marchait sur la tête ?
J’entends déjà certains me dirent que si de telles précautions sont prises, c’est qu’il doit y avoir une raison, un vrai risque, une menace à ne pas prendre à la légère. On n’oserait pas nous prendre pour des cons quand même !? Peut-être même que le danger est plus grand qu’on veut bien nous le dire. Oui oui, c’est ça. Et pendant ce temps la marmotte … enfin vous voyez où je veux en venir. Alors on va arrêter de manger de la viande, c’est de la vraie saloperie. On va arrêter de boire aussi, parce qu’il paraît c’est mauvais pour la santé (si si je vous jure). Et puis on ne va plus faire de sport, trop de risques de blessures ou de crise cardiaque. On ne va plus prendre les transports non plus, des fois qu’on aurait un accident. On va tous s’enfermer dans un bunker en attendant que ça se passe. On va se faire chier c’est sûr, mais au moins on vivra longtemps. Quelle belle société que l’on veut nous vendre, ça me fait saliver d’envie…
Allez sur ce je tire ma révérence, parce que je préfère vraiment en rigoler de tout ça. Mère des cons est toujours enceinte, comme dirait l’autre. Que personne ne s’inquiète, la descendance a encore de beaux jours devant elle.
(Chroniques d'un expatrié 8/11, 12.08.2007)
Posté le 05.08.2007 par Djé
Sept semaines. Déjà sept longues semaines que je moisis dans cette grisaille incessante et déprimante qui en vient presque à me faire perdre la notion du mot "été". Ca commence à faire beaucoup, suffisamment en tous cas pour avoir parfois l’impression furtive de me sentir chez moi. Passées les premières surprises, les premières rencontres, tout me semble désormais presque trop familier. Des habitudes, des repères se sont installés de façon sournoise, sans prévenir, et petit à petit l’embourgeoisement me guette. Ce même embourgeoisement dont me parlent mes plus anciens collègues depuis que la promesse d’une situation professionnelle stable s’est offerte à moi. Ce mot qui me fait peur tellement il sous-entend la perte d’une certaine forme de folie douce et insouciante, et la résignation à une routine qui il y a quelques mois encore m’aurait paru insoutenable. Ce mot que je suis pourtant obligé d’accepter car il correspond bien à une partie de ma situation actuelle.
Il était urgent de réagir. Et partant du principe que l’herbe est toujours plus verte de l’autre coté, j’ai décidé … de m’expatrier. Comme ça, sur un coup de tête. En deux jours les billets étaient pris et la journée de travail de vendredi passée aux oubliettes. Un besoin subit de reprendre contact avec des choses dont je n’arrivais pas à compenser le manque, malgré tous mes efforts. Juste envie d’une jolie parenthèse au milieu d’un été sans grande saveur. Train, bus, avion, escale, re-avion, taxi… Ca y est on est arrivé ? Le pied, plus qu’à refaire ça dans deux jours pour revenir !
Ca ne me dérange pas tant que ça, j’ai toujours adoré les transports en commun, justement pour ce qu’ils ont de commun. A l’instant où j’écris ces lignes, je suis bloqué entre deux avions et j’observe les gens qui, comme moi, sont en transit dans ce hall d’aérogare. Ca peut paraître con, mais c’est passionnant. S’imaginer, juste sur une impression, quel caractère se cache derrière un visage, quelle histoire peut bien expliquer telle attitude, quelles relations existent entre les personnes qui semblent se connaître… Chaque individu qui m’entoure, aussi insignifiant soit-il, est un personnage potentiel d’une intrigue qui se dessine dans ma tête. C’est tellement rassurant de se laisser aller à ces divagations sans réels fondements, surtout dans les moments où la réalité vous colle cette putain de boule au ventre qui inhibe toutes vos actions.
A force de vadrouiller aux quatre coins de France – souvent pour d’obscures raisons – les gares je commence à connaître. Ca reste à mon échelle. Les aéroports par contre j’ai vraiment du mal. Comment peut-on avoir mis au point des structures aussi complexes ? C’est un truc qui me dépasse. L’aéroport est comme un énorme animal qui vit de lui-même : chacun trouve sa place dans ce monstre d’organisation, fait son boulot sans une seule fausse note, passe le relais à un autre qui poursuit une activité qui ne s’arrête jamais, le tout dans la discipline la plus totale. L’individu s’efface pour n’être qu’un composant parmi d’autres d’une gigantesque entité autonome, et jamais un grain de sable ne vient perturber la mécanique. Je ne sais pas si je trouve ça impressionnant ou juste effrayant. Malgré les jolis sourires des hôtesses d’accueil, difficile de faire structure plus impersonnelle.
Trois heures plus tard, de retour dans l’aéroport de Londres. J’ai posé le cerveau à coté et je me suis mis en mode écriture automatique. C’est ça ou je m’effondre sur le stylo. J’ai vaguement l’impression de faire tache dans l’agitation ambiante. Une larve au milieu de la fourmilière. Certains me regardent bizarrement ; c’est si suspect que ça un mec assis en tailleur qui gratte sur un calepin au milieu d’un aéroport ? Faut croire que oui… Seule la musique de fond me semble humaine dans cette atmosphère : Ex-Factor, de Lauryn Hill. On pouvait difficilement trouver mieux dans le contexte… J’avance à la recherche de mon bus. Tout autour ce n’est qu’embrassades et retrouvailles, avec bien sûr les petits panneaux avec des noms dessus typiques des aéroports. Dans ce sens-là personne ne m’attend, ça tombe bien j’ai pas envie de parler. Rapide coup d’œil sur les news : un pont qui s’effondre, un train qui déraille, une bagnole qui explose… Un jour normal sur la planète Terre. Les images de ces drames passent en boucle sur le mur, juste derrière un couple qui s’enlace. Drôle de contraste.
Je suis en train d’achever ma dixième heure de transit en trois jours. Autant à l’aller je ne m’en étais pas rendu compte, autant au retour ça me semble interminable. Heureusement que cette fois j’ai pas fait la connerie de laisser stylo et feuilles blanches dans les bagages. Observer les gens c’est sympa un temps, mais à force ça lasse. J’entends parler anglais autour de moi, rien de bien surprenant me direz-vous. Ben oui mais pendant deux jours je m’étais presque déshabitué. Et ça fait vraiment du bien de pouvoir de nouveau s’exprimer comme on en a envie, sans chercher ses mots, sans se retenir d’intervenir parce qu’on n’arrive pas à suivre. Mais maintenant c’est fini, je suis de retour au pays. Enfin façon de parler.
London Heathrow Airport, 20h45. C’était un drôle de week-end
London Heathrow Airport, 20h45. Fin de la parenthèse
(Chroniques d'un expatrié 7/11, 05.08.2007)
Pour vous donner une idée de ce que représente l'aéroport d'Heathrow, je vous invite à lire cet excellent article :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-781732,36-942873,0.html?xtor=RSS-3208
Posté le 01.08.2007 par Djé
Juste un petit plaisir personnel, avec l'appréciation du pilier du XV de France Pieter de Villiers par son acolyte Sylvain Marconnet. Merci Sylvain, enfin quelqu'un qui comprend...
Quel joueur du XV de France est le plus bordélique ?
Y a du bordel un peu dans toutes les chambres. Pieter De Villiers est pas mal. Je partage ma chambre avec lui et ses affaires traînent un peu partout. Mais bon, il retrouve toujours tout alors ça doit être un bordel organisé.
(Petite victoire personnelle, 01.08.2007)